Le Bla Bla du LIVRE

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Re: Le Bla Bla du LIVRE

Messagede Edonist le 03 Mai 2017 20:50

Relu 10 ans plus tard :

KAFKA SUR LE RIVAGE
De Haruki Murakami

Histoire : Kafka Tamura, quinze ans, fuit sa maison de Tokyo pour échapper à la terrible prophétie que son père a prononcée contre lui. Nakata, vieil homme simple d'esprit, décide lui aussi de prendre la route, obéissant à un appel impérieux, attiré par une force qui le dépasse. Lancés dans une vaste odyssée, nos deux héros vont croiser en chemin des hommes et des chats, une mère maquerelle fantomatique et une prostituée férue de Hegel, des soldats perdus et un inquiétant colonel, des poissons tombant du ciel, et bien d'autres choses encore... Avant de voir leur destin converger inexorablement, et de découvrir leur propre vérité.


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De ce livre que j'avais lu il y a 10 ans déjà, je ne me souvenais de rien, à part que j'avais adoré et que c'était le livre qui m'avait fait découvrir cet auteur. Allais-je avoir le même avis 10 ans plus tard ? : la réponse est oui! C'est un livre vraiment bien construit, rempli de passages surprenants, étranges, poétiques, humoristiques... bref, ça part dans tous les sens, on ne s'attend jamais à ce qui va suivre et c'est ce qui fait la grande force du livre. Ajoutez à cela une impressionnante galerie de personnages secondaires vraiment réussie, et une ambiance à mi-chemin entre rêve, réalité, souvenirs, et "on ne sait pas trop quoi", et vous obtenez un roman à la fois étrange et hypnotique, mais surtout très addictif, et rempli de passages à la limite de la philosophie. Une réussite.

Quelques passages :

- "Mêmes les rencontres de hasard..."
- "...sont dues à des liens noués dans des vies antérieures."
- C'est ça, c'est ça ! Mais ça veut dire quoi, au juste ?
- Que tout est déterminé par le karma. Même pour des choses insignifiantes, le hasard n'existe pas.


- Dans le banquet de Platon, Aristophane affirme que dans le monde mythique d'autrefois, il existait trois types d'êtres humains. Tu connais cette histoire ?
- Non.
- Autrefois, les êtres humains ne naissaient pas homme ou femme, mais homme/homme, homme/femme ou femme/femme. Autrement dit, il fallait réunir deux personnes d'aujourd'hui pour en faire une seule. Tout le monde était satisfait comme ça, et la vie se déroulait paisiblement. Mais Dieu a pris une épée et a coupé tous les êtres en deux bien nettement, par le milieu. Résultat : il y a eu des hommes et des femmes, et les gens se sont mis à courir dans tous les sens toute leur vie à la recherche de leur moitié perdue.
- Pourquoi Dieu a-t-il fait ça ?
- Couper les gens en deux ? Je n'en sais rien, moi. Ce que fait Dieu est généralement assez incompréhensible. Il se met facilement en colère et puis, comment dire, Il a une tendance à l'idéalisme. J'imagine que c'était une punition. Comme dans la Bible, quand il a chassé Adam et Eve du paradis.
- Le pêché originel, dis-je.
- Oui, le pêché originel. (...)En fait je voulais dire que c'est difficile pour un humain de vivre seul.


- Quel dommage ! dit la dame d'Osaka d'un air vraiment navré. Le prix d'un original de Santôka atteindrait des sommets de nos jours.
- Vous avez parfaitement raison. Mais à l'époque, Santôka était parfaitement inconnu, il était donc peut-être inévitable que cela se passe ainsi. Bien des choses ne peuvent être comprises qu'avec l'éclairage du temps, dit Mlle Saeki en souriant.


Je suis libre. Je ferme les yeux et réfléchis intensément à cette liberté. Mais je n'arrive pas très bien à comprendre ce que cela signifie. Tout ce que je sais, c'est que je suis seul, dans un endroit inconnu. Un explorateur solitaire qui a perdu sa boussole et sa carte. C'est ça, être libre ?


- Quelque chose dans la musique de Schubert lance un défi à la réalité, la déchire. En ce sens, la musique de Schubert est l'essence même du romantisme.
J'écoute attentivement la sonate.
- Tu trouves cette musique ennuyeuse ?
- Oui, dis-je avec franchise.
- C'est une musique qu'on ne peut apprécier qu'avec de l'entraînement. Moi-même, au début, je la trouvais ennuyeuse. A ton âge, c'est tout à fait normal. Mais tu comprendras avec le temps. On se lasse très vite de ce qui n'est pas ennuyeux, alors que les choses dont on ne se lasse pas sont généralement ennuyeuses. C'est comme ça. Même si j'ai eu le temps de m'ennuyer dans la vie, je ne me suis jamais lassé de ce que j'aimais. La plupart des gens ne savent pas faire la différence.


- Je pense que j'ai soif d'égalité et de justice autant que n'importe qui. Mais je déteste par dessus tout les gens qui manquent d'imagination. Ceux que T.S Eliot appelait "les hommes vides". Ils bouchent leur vide avec des brins de paille qu'ils ne sentent pas, et ne se rendent pas compte de ce qu'ils font. Et avec leurs mots creux, ils essaient d'imposer leur propre insensibilité aux autres.


- Ce ne sont pas les humains qui choisissent leur destin mais le destin qui choisit les humains. Voilà la vision du monde essentielle de la tragédie grecque. Et la tragédie - d'après Aristote - prend sa source, ironiquement, non pas dans les défauts mais dans les vertus des personnages. Tu comprends ce que je veux dire ? Ce ne sont pas leurs défauts, mais leurs vertus qui entraînent les humains vers les plus grandes tragédies. Oedipe roi, de Sophocle, en est un remarquable exemple. Ce ne sont pas sa paresse ou sa stupidité qui le mènent à la catastrophe mais son courage et son honnêteté. Il naît de ce genre de situation une ironie inévitable.


- Mais qu'a-t-elle de si important cette pierre ? Elle n'a pas l'air si extraordinaire que ça, à vue d'oeil.
- Pour tout te dire, cette pierre n'a en elle-même aucune importance. Les circonstances exigent la participation d'un certain objet, et il se trouve qu'il s'agit de cette pierre. Comme l'a si bien dit l'écrivain russe Anton Tchekov : "Si un revolver apparaît dans une histoire, à un moment donné, il faut que quelqu'un s'en serve." Tu comprends ce que cela signifie ?
- Non.
- Ca m'aurait étonné. Tu ne comprends jamais rien. Je t'ai juste posé la question par politesse.
- Trop aimable.
- Ce que Tchekov voulait dire, c'est que la nécessité est un concept indépendant. La nécessité a une structure différente de la logique, de la morale ou de la signification. Sa fonction repose entièrement sur le rôle. Ce qui n'est pas indispensable n'a pas besoin d'exister. Ce qui a un rôle à jouer doit exister. C'est cela, la dramaturgie. La logique, la morale ou la signification, quant à elles, n'ont pas d'existence en tant que telles, mais naissent d'interrelations. Tchekov, en voilà un qui s'y connaissait en dramaturgie!


Le colonel Sanders croisa les bras, et se mit à regarder fixement Hoshino.
- Qu'est-ce qu'un Dieu, hein ?
Comme le jeune homme restait perplexe, le colonel insista :
- Oui, quelle tête il a, ton Dieu, qu'est-ce qu'il fait ?
- Je ne sais pas très bien mais un Dieu, c'est un Dieu. Il est partout, il regarde ce qu'on fait, et il juge si c'est bien ou mal.
- Comme un arbitre de foot alors ?
- Peut-être bien.
- Alors Dieu est en short, il a un sifflet et l'oeil rivé à sa montre ?
- Vous commencez à me casser les pieds, colonel, dit Hoshino.
- Et les Dieux du Japon et le Dieu occidental, ils sont amis ou ennemis ?
- Mais j'en sais rien, moi!
- Alors écoute, benêt, les Dieux existent seulement dans la conscience humaine. Et c'est un concept qui n'a pas arrêté de changer selon les circonstances, surtout au Japon. La preuve, avant la guerre, Dieu, c'était l'empereur, mais quand le général de l'armée d'occupation américaine Douglas MacArthur lui a intimé l'ordre de quitter cette fonction, il a fait un beau discours pour déclarer : "Ecoutez moi tous, à partir de maintenant, je ne suis plus Dieu" et, en 1946, c'était terminé. Pour te dire à quel point les Dieux japonais sont accommodants. Ils changent de statut comme ça, il suffit qu'un militaire américain avec des lunettes de soleil sur le nez et une pipe bon marché au bec le leur ordonne et pfut! ils filent leur démission. Complètement postmoderne, comme concept, non ? Si tu crois qu'il existe, il existe. Si tu n'y crois pas, il n'existe pas. Alors pourquoi on se ferait du mouron à cause de lui ?


Les souvenirs, c'est quelque chose qui vous réchauffe de l'intérieur. Et qui vous déchire violemment le coeur en même temps.
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Re: Le Bla Bla du LIVRE

Messagede Edonist le 16 Juin 2017 22:41

CAUGHT
D'Harlan Coben

Wendy, journaliste dans une émission de télé-réalité, piège en direct les prédateurs sexuels. Sa dernière cible, Dan Mercer, un éducateur pour adolescentes : tout l'accable, on le soupçonne même de meurtre.Mais les preuves font défaut. Wendy sent bien que quelque chose ne tourne pas rond. Et si elle avait été manipulée ? Si Dan était innocent ?La jeune femme va alors se pencher sur le passé de Dan, ses années d'étudiant à Princeton, ses quatre amis inséparables... Des amis avec qui il a tout partagé, même le pire...


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Lu en V.O. anglais. Pour ceux qui le rechercherait en français, le titre c'est : Faute de preuves.

C'est le premier livre que je lis de cet auteur, pourtant très connu. Il s'agit d'une enquête "policière" (je le met entre guillemets car la police n'enquête pas beaucoup à dire vrai), vraiment très complexe et très bien orchestrée. En fait, vu le nombre de personnages, on s'y perd parfois et c'est limite s'il n'y aurait pas besoin de prendre de notes. Mais j'ai vraiment beaucoup aimé comment toutes les pièces du puzzle s'agencent ensemble au fur et à mesure que l'intrigue avance, avec ses rebondissements qui tombent régulièrement sans que l'on s'y attende forcément. Et au final, on peut dire qu'on y découvre de nouveaux éléments jusqu'à la dernière page du livre. Par ailleurs, en le lisant en anglais, il y figure vraiment bon nombre d'expressions de la vie courante qui peuvent vraiment permettre de s'améliorer. Bonne pioche.
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Re: Le Bla Bla du LIVRE

Messagede Edonist le 09 Aoû 2017 21:30

AGATHA RAISIN AND THE QUICHE OF DEATH (en V.O.)
De M.C. Beaton

Histoire :Publicist Agatha Raisin takes an early retirement and moves to a picturesque village in southern England. She decides to enter the local quiche-making competition. But she becomes a prime suspect after the judge's sudden death! Agatha has to find out who poisoned her delicious quiche...


Une petite enquête policière sympathique, et très british. Il n'y a pas grand chose à en dire à mon sens : ça n'est ni bon ni mauvais. C'est très classique comme style de roman. Il manque vraiment le petit truc en plus qui fait que! La petite originalité quoi. Dommage.
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Re: Le Bla Bla du LIVRE

Messagede Edonist le 10 Nov 2017 23:21

FINDERS KEEPERS
De Stephen King

Lu en V.O. Pour ceux qui le cherchent en français, le titre c'est "CARNETS NOIRS"

Histoire : Morris Bellamy, a big fan of the novelist John Rothstein, is so disappointed by the fate of his favourite hero that he kills the old author and buries his unpublished material. Young Peter Saubers discovers it years later in an old trunk buried under a tree.
Of course Morris feels it belongs to him…


J'ai vite appris en lisant ce livre qu'il était le deuxième d'une trilogie, le premier étant "Mr Mercedes". Donc ce que je ne comprends pas, et que je trouve dommage, c'est qu'Harraps ait sorti ce livre sans avoir d'abord sorti le premier volume. Ceci étant, le livre peut se lire et être compris sans avoir lu le premier volume, mais bon.
Au niveau du livre en lui-même, j'ai trouvé que la première partie est assez longue, bien que loin d'être inintéressante. Le seul problème, c'est que le coeur de l'action s'en trouve réduit en terme de longueur et de suspense. Du coup, malgré ses 460 pages, j'ai trouvé que c'était trop court. Sinon, l'histoire se suit bien, mais ne vous attendez pas à un livre d'horreur et de terreur, même si certaines scènes sont bien sanguinolentes ; ici, on a plus affaire à un livre policier ou un thriller (bien que la partie thriller soit surtout concentrée dans les dernières pages). Un bon petit livre à lire, mais rien d'exceptionnel. Ca ne changera pas votre vie.
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